L’Europe, principal partenaire du commerce extérieur français
Orbis Géopolitique
13 novembre 2020


Les principaux partenaires économiques de la France sont très majoritairement européens. En dépit de la mondialisation et de l’ouverture des échanges, c’est vers l’Europe que commercent les entreprises françaises, les États-Unis et la Chine venant après et les anciennes colonies ne pesant quasiment rien dans le commerce français.


L’INSEE rapporte qu’en 2019, l’Allemagne se situe comme notre premier client avec 69,8 milliards d’euros exportés, mais également notre premier fournisseur avec 84,9 milliards d’euros importés. Puis viennent les États-Unis avec 42,1 milliards d’euros en termes d’exportations et 38,1 en termes d’importations, et l’Italie avec 37,5 milliards d’euros exportés et 43,3 milliards d’euros importés. Se situent ensuite l’Espagne, la Belgique, le Royaume-Uni, la Chine (sans Hong-Kong), la Suisse, les Pays-Bas et, enfin, la Pologne. Notre commerce extérieur est donc largement orienté vers l’Europe ou, plus généralement, la partie occidentale du monde. Si l’Union européenne, donc, est la principale bénéficiaire des exportations françaises avec 291,6 milliards d’euros, c’est ensuite vers l’Asie que se destine notre production, avec 68,1 milliards d’euros exportés l’année dernière. Le continent américain se situe en troisième position avec 59 milliards d’euros d’exportations. Et l’Afrique dans tout cela ? Si la France se positionne comme le deuxième pays européen fournisseur de ce continent, cela ne représentait que 3,5 % des exportations du pays l’année dernière. Nous commerçons plus avec la seule Belgique (6,9% des exportations françaises) qu’avec l’ensemble du continent africain.

 

Ce panorama général permet de prendre la mesure des nouveaux pôles économiques de la planète. Étant donné que la puissance contemporaine se calcule par la productivité d’un pays et sa capacité à dominer la scène économique mondiale, la France maintient tout de même un statut de puissance globale. Réalisant 4% du commerce mondial, elle se positionne comme le sixième importateur et le cinquième exportateur de la planète. Une position qui pourrait aller en s’accentuant, car, depuis l’aube du XXIe siècle, les importations françaises ont crû de 69,3%, en passant de 334,5 à 566,4 milliards d’euros entre 2000 et 2019 et les exportations, de 54,6% en passant de 329,1 à 508,9 milliards d’euros. Ces chiffres démontrent la force des entreprises françaises.

 

Mais à l’image de la plupart de nos partenaires internationaux, la France a subi, au premier semestre 2020, une importante dégradation de son déficit commercial de près de -34 milliards d’euros. La grande majorité des secteurs sont affectés, à l’exception des produits pharmaceutiques qui gagnent 10,1 % en termes d’exportations et 16,6 % pour les importations. Les secteurs aéronautique et automobile doivent, quant à eux, faire face à une baisse conséquente de leurs exportations, respectivement -47,2% et -38,1% par rapport au 1er semestre 2019, tout comme les exportations agroalimentaires qui perdent 4,9 % de leurs exports. Mais au troisième semestre 2020, le commerce extérieur repart à la hausse ; les exportations rebondissent de 29,4 % (après -28,9 % au 2e trimestre 2020) et les importations de 23,7 % (après – 20,5 %). Les ventes automobiles s’accroissent de 131,9 % et celles des produits aéronautiques, de 80,4 %. Une relance toutefois relative, car, en août dernier, la balance commerciale en biens était déficitaire de 7,7 milliards d’euros et de 67 milliards sur les douze derniers mois.

 

La pandémie a donc bouleversé les équilibres. En effet, la France semble être, selon les prévisions d’évolution annuelle du PIB publiées par le Fonds Monétaire Internationale du 24 juin 2020, le troisième pays le plus impacté par la crise, derrière l’Espagne et l’Italie. Son PIB probable devrait décroître de 12,5% pour l’année 2020. Les États-Unis se trouvent également touchés avec une régression de 8% face à la Chine qui, selon les mêmes estimations, s’en sortirait avec un gain de 1%. Notre balance commerciale restant négative depuis près de vingt ans, la relance de notre commerce extérieur et, qui plus est, de nos exportations, ne semble pas être pour demain.